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pass� de l �tat gazeux � l �tat liquide, aurait commenc� � se pro-
duire.
Si Aristobulus Ursiclos se f�t trouv� l�, il aurait eu mati�re
� quelque belle dissertation sur les ph�nom�nes de l histoire
g�ologique. Mais il �tait loin, Miss Campbell ne pensait plus �
lui, et, comme le dit le fr�re Sam au fr�re Sib :
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� Laissons cette mouche tranquille sur la muraille ! �
Locution toute �cossaise gui r�pond au � N �veillons pas le
chat qui dort � des Fran�ais.
Puis, on regarda et on se regarda.
� Il convient tout d abord, dit Olivier Sinclair, de prendre
possession de notre nouveau domaine.
Sans oublier pour quel motif nous y sommes venus, r�-
pondit en souriant Miss Campbell.
Sans l oublier, je le crois bien ! s �cria Olivier Sinclair. Al-
lons donc chercher un poste d observation, et voir quel horizon
de mer se dessine � l ouest de notre �le.
Allons, r�pondit Miss Campbell ; mais le temps est un
peu embrum� aujourd hui, et je ne crois pas que le coucher du
soleil se fasse dans des conditions favorables.
Nous attendrons, Miss Campbell, nous attendrons, s il le
faut, jusqu aux mauvais temps d �quinoxe.
Oui, nous attendrons r�pondirent les fr�res Melvill&
tant qu Helena ne nous ordonnera pas de partir.
Eh ! rien ne presse, mes oncles, r�pondit la jeune fille,
tout heureuse depuis son d�part d Iona, non, rien ne presse, la
situation de cet �lot est charmante. Une villa que l on ferait
construire au milieu de cette prairie jet�e comme un tapis ver-
doyant � sa surface, ne serait point d�sagr�able � habiter, m�me
quand les bourrasques que nous envoie si g�n�reusement
l Am�rique s abattent sur les roches de Staffa.
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Hum ! fit l oncle Sib, elles doivent �tre terribles � cette
extr�me lisi�re de l Oc�an !
Elles le sont, en effet, r�pondit Olivier Sinclair. Staffa est
expos�e � tous les vents du large, et n offre d abri que sur son
littoral de l est, l� o� est mouill�e notre Clorinda. La mauvaise
saison, en cette partie de l Atlantique, y dure pr�s de neuf mois
sur douze.
Voil� pourquoi, r�pondit le fr�re Sam, nous n y voyons
pas un seul arbre. Toute v�g�tation doit p�rir sur ce plateau,
pour peu qu elle s �l�ve � quelques pieds au-dessus du sol.
Eh bien, deux ou trois mois d �t� � vivre sur cet �lot, cela
n en vaudrait-il pas la peine ? s �cria Miss Campbell. Vous
devriez acheter Staffa, mes oncles, si Staffa est � vendre. �
Le fr�re Sam et le fr�re Sib avaient d�j� mis la main � leur
poche, comme s il se f�t agi de solder l acquisition, en oncles qui
ne se refusent � aucune fantaisie de leur ni�ce.
� � qui appartient Staffa ? demanda le fr�re Sib.
� la famille des Mac-Donald, r�pondit Olivier Sinclair. Ils
l afferment douze livres3 par an ; mais je ne crois point qu ils
veuillent la c�der � aucun prix.
C est dommage ! � dit Miss Campbell, qui, tr�s enthou-
siaste par nature, comme on le sait, se trouvait alors dans une
situation d esprit � l �tre plus encore.
Tout en causant, les nouveaux h�tes de Staffa en parcou-
raient la surface in�gale, que bossuaient de larges ondulations
de verdure. Ce jour-l� n �tait point un des jours r�serv�s par la
3
Environ 300 francs.
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Compagnie des steamers d Oban � la visite des petites H�brides.
Aussi, Miss Campbell et les siens n avaient-ils rien � craindre de
l importunit� des touristes. Ils �taient seuls sur ce rocher d�sert.
Quelques chevaux de petite race, quelques vaches noires pais-
saient l herbe maigre du plateau, dont les coul�es de lave per-
�aient �� et l� la mince couche d humus. Pas un berger n �tait
pr�pos� � leur garde, et si l on surveillait ce troupeau
d insulaires � quatre pattes, c �tait de loin, peut-�tre d Iona,
ou m�me du littoral de Mull, � quinze milles dans l est.
Pas une habitation, non plus. Seulement les restes d une
chaumi�re, d�molie par les effroyables temp�tes qui se d�cha�-
nent de l �quinoxe de septembre � l �quinoxe de mars. En v�ri-
t�, douze livres, c est un beau fermage pour quelques acres de
prairie, dont l herbe est rase comme un vieux velours us� jus-
qu � la trame.
L exploration de l �lot, � sa surface, fut donc rapidement
faite, et on ne s occupa plus que d observer l horizon.
Il �tait bien �vident que, ce soir-l�, il n y avait rien � atten-
dre du coucher de soleil. Avec cette mobilit� qui caract�rise les
jours de septembre, le ciel, si pur la veille, s �tait embrum� de
nouveau. Vers six heures, quelques nuages rouge�tres, de ceux
qui annoncent un prochain trouble de l atmosph�re, voil�rent
l occident. Les fr�res Melvill purent m�me constater, � regret,
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